W0RLDTR33 est un titre de plus à ajouter dans la bibliographie déjà bien fournie du prolifique James Tynion IV (Something is killing the children, The nice house on the lake, The closet). Cette série, en cours de publication, peut être qualifiée de techno-thriller horrifique et n’aurait pas à dépareiller dans feu-la collection Vertigo de DC Comics. Bande dessinée puisant son inspiration à la fois dans Mr Robot, Terminator ou encore Black Mirror, W0RLDTR33 intrigue et désarçonne le lecteur. Cela étant, elle pourrait sombrer encore plus dans le fantastique et l’horreur si le scénariste se donnait la peine d’être encore un peu plus excentrique.

d3bug d3m0ns.exe

W0RLDTR33 démarre en 2024 par une scène de meurtres violents, retransmis en direct sur les réseaux sociaux. Ce massacre en streaming est perpétré par un adolescent du nom de Gibson Lane. Lorsque la police l’arrête, son frère le rejoint au commissariat pour tenter de comprendre la folie de son geste. Sauf qu’il a à peine le temps d’apercevoir l’inculpé, car celui-ci est abattu de sang froid par une femme entièrement nue, recouverte de tatouages (ressemblant à s’y méprendre à Yolandi Visser, du groupe Die Antwoord).

Entre-temps, un gourou de l’Internet réunit sa team d’ancien hackeurs pour évoquer un secret qu’ils gardent depuis 1999. A savoir, l’existence d’un réseau cryptique et dangereux, caché dans les mailles du réseau nommé Undernet. Et celui-ci pourrait bien provoquer la fin du monde tel qu’on le connait.

W0rldtr33 partage avec The nice house on the lake (NHOTL) l’évocation de ce point de bascule dans le chaos planétaire. Mais là où il arrive quasiment dès les premières pages de NHOTL, c’est à la faveur du cinquième épisode que le lecteur découvre l’ampleur mondiale de la menace, avec un flash-forward nous propulsant en 2049.

Fernando Blanco apporte une touche de réalisme avec son graphisme soigné, parfois proche de celui de Sean Philips, mais en plus propre. Et c’est parfois ce qui manque à cette série : un côté encore plus sombre et cradingue, qui ferait entrer celle-ci dans un récit encore plus trippant et étrange. De façon identique, James Tynion IV aborde le monde de web mais relativement en surface, alors que l’on sait qu’il peut plonger plus loin dans les rabbit holes et les bas fonds comme il a pu l’écrire dans Department of truth.  Alors, mon souhait se formulerait d’être un peu moins sage, en reprenant l’adage du Net : keep the internet weird.
A suivre donc dans le prochain arc…


Références

w0rldtr33 – James Tynion IV et Feranndo Blanco
publié par Image Comics


Retour aux articles de blog